Les dessous de la Fast Fashion

La fin des années 1990 et l’arrivée du 21e siècle ont apporté un mode de surconsommation vestimentaire appelé « Fast Fashion » ou en français, mode express. Celle-ci implique la production de plusieurs nouvelles collections chaque année, des délais de production rapides et des prix de plus en plus bas. Cette tendance nous a amenés à surconsommer et le commerce électronique stimule ce mouvement en nous proposant en quelques clics les toutes dernières tendances livrées à notre porte au plus bas prix possible.

Cette mode à bas prix reproduit les derniers styles des passerelles et les tendances présentées par les influenceurs de la rue, la musique, es médias, la culture et la mode. Plus on la consomme, plus on en développe. Le concept est simple, développer le plus rapidement possible au plus bas prix possible les tendances les plus hot pour maximiser les ventes et la production.

On reconnait la « Fast Fashion » par…

ZARA, H&M, UNIQLO, GAP, Forever 21, Primark et TopShop sont les grands joueurs de la « Fast Fashion » et leurs collections se démarquent par :

  • la production industrielle d’une très grande quantité du même style ;
  • des calendriers de production hyper rapide ;
  • la production délocalisée à bas prix ;
  • le manque de transparence de la marque ;
  • une production de basse qualité ;
  • des matériaux de moindre qualité « porter et jeter ».

Quel est l’impact de la « Fast Fashion »…

L’utilisation de matières et de colorants textiles bon marché et toxiques augmentent l’impact environnemental de la mode express faisant de l’industrie de la mode le deuxième plus grand pollueur d’eau propre au monde après l’agriculture. 

Le polyester est l’une des fibres synthétiques les plus utilisées dans l’industrie pour son faible cout de fabrication. Par contre, elle présente un risque environnemental, car sa fabrication nécessite l’usage de pétrole, une ressource non renouvelable à l’échelle humaine et polluante. De son côté, le coton conventionnel nécessite d’énormes quantités d’eau et de pesticides dans les pays en développement. Cela entraîne des risques de sécheresse et crée d’énormes pressions sur les bassins hydrographiques, ainsi qu’une concurrence pour les ressources entre les entreprises et les communautés locales.

La « Fast Fashion » draine les ressources planétaires à un rythme affolant et cette infographie retrace l’histoire de la « Fast Fashion » et offre des solutions à ce problème.

De plus en plus de personnes sont concernées par le changement climatique et entreprennent un changement dans leurs habitudes de consommation. Cet éveil des consciences par rapport à l’impact de l’activité humaine sur la nature, nous amène à repenser totalement la manière dont nous procédions jusqu’à présent, et ce dans tous les domaines. En agriculture avec l’avènement du bio ou le développement de la permaculture, dans l’énergie avec le développement d’énergies renouvelables, etc..

Dans la mode, les choses changent aussi, de nombreuses marques utilisent des matières recyclées (Patagonia, Ucon Acrobatics etc..) afin de réduire la pression exercée sur les ressources vierges. Le changement dans l’industrie de la mode sera possible uniquement si tous les acteurs du milieu font front commun.

Ainsi les gouvernements doivent valoriser les initiatives des entreprises qui respectent la nature, les consommateurs doivent supporter l’activité des marques éthiques et enfin les marques doivent revoir leurs processus productifs afin de réduire la pression sur l’environnement.

Collaboration et crédits

Ibrahim Habi / Trade Machines

Marco Roy

Professionnel de l’industrie de la mode, Marco Roy a occupé plusieurs postes en développement de produits et de collections pour des marques de vêtements nationales et internationales. Depuis 2013, il collabore avec plusieurs organismes au développement de la main-d’œuvre et de la formation par l’entremise de son poste de coordonnateur des affaires publiques de l’École de mode du Cégep Marie-Victorin.